• Aujourd'hui, deuxième jour des soldes, était tout destiné pour une virée aux Halles.
    Toute seule, comme une grande, dans le métro, vivivi

    Faut dire, depuis quelques temps, il fait sacrément froid à Paris.
    Tous les hivers, j'espère que Paris me fera l'honneur d'un hiver aux températures bastiaises, tous les hivers, j'y crois, je garde ma petite veste jusqu'à danser le chachacha à cause du froid, en me disant "Vas-y ma grande, si tu mets pas ton gros manteau, le froid viendra pas"
    Bon, le froid vient quand même. A chaque fois. Pas cool.

    Mais en tout cas, je suis arrivée sur mon manteau, qui m'a donné bien du soucis.
    Je recontextualise.

    A mon arrivée à Paris, en ce fabuleux et flamboyant septembre 2007, toute ma garbe-robe d'hiver se composait d'une petite veste bleu clair, remarquée par chez moi notamment pendant les manifestations CPE (remember néné), que j'accompagnais d'une petite écharpe en coton (mwahaha du coton! bref)
    J'ai tenté pour la première année la technique sus-nommée, qui a échoué en octobre. Avec les grèves du métro qui ont fait mon désespoir est arrivé le vent d'hiver, et tout bonhomme Michelin que je m'étais faite pour tenter de résister au froid, au bout d'un moment s'est imposée la nécessité d'acheter un manteau, un vrai.

    En vraie corse, j'étais alors fascinée par H&M (qui est n'est pas si fascinant en réalité, mais comme yen a pas dans le maquis, forcément, on surkiffe) entre autre parce qu'on y trouvait TOUT (ah oui je venais de débarquer). Après avoir demandé l'avis d'une parisienne qui faisait du vélo (sont dingues ces parisiens) j'ai opté pour le manteau le plus épais du lot, tout raide et bien chaud.

    Et puis le temps a passé, le fameux manteau a plutôt mal vieilli. En 2 ans, il s'était encore plus érodé que la chaîne des Puys et avait perdu la moitié de son épaisseur, tout en accumulant consciencieusement toutes les pelotes que mon écharpe daignait lui laisser attraper. Et puis j'ai eu très froid, et marre de mettre 4 pulls (mon sex appeal enregistre alors une chute de 10 points au moins). Aussi il y a un mois et demi, l'évidence s'est imposée à moi : il fallait racheter un manteau (eh oui!)

    Nous voilà donc menés à aujourd'hui, deuxième jour des soldes (quelle introduction épatante de mon sujet...) puisqu'en bonne soeur que je suis devenue, je n'ai pas pu dégager un après-midi plus tôt pour cette activité ardue qu'est le shopping en période de soldes (ouch).
    Et un après-midi, c'est approximativement ce qu'il m'a fallu, sans pause ni blablatages, j'étais toute seule, j'étais sensée aller droit au but...

    J'ai décidé d'interviewer une autochtone pour m'aiguiller dans mes choix, et comme je suis devenue une modeuse invétérée (ahahah anciens du Fango, riez) j'ai préféré éviter les vélibeuses (réputées pour leur vêtements plus utiles que futiles) et me diriger vers la vendeuse de chez Naf Naf.

    D'ailleurs, ne trouvez vous pas interessant cette espèce de mépris qu'on les vendeuses pour nous, pauvres mortelles pourtant bien malignes de nous habiller utile (hmm ca me rappelle quelquechose) plutôt que futile pour aller faire les soldes, même pas en période de soldes.
    On dirait que poser une question à une vendeuse est sacrilège, que c'est avouer une faute insurmontable qu'est l'ignorance plastronante qui nous a assomées a la naissance et que rien ne parviendrait à combler (surtout pas une réponse à une question ,ahah). Au passage la seule vendeuse super sympa et avec qui j'ai vraiment pu parler mode, c'est la blonde de chez Gap aux Halles, ca vaut le coup de se farcir le forum rien que pour cette fille (magnifique et très gentille, la femme idéale. Dieu, fais moi changer de bord s'il te plaît, j'ai trouvé mon idéale...)
    Bref. Revenons à nos moutons vendeuses.

    Donc je vais voir la vendeuse de Naf Naf, et je la questionne sur les différents apports de chaleur des différents manteaux : en laine, en doudoune (oui c'est la mode des doudounes en sac poubelle, je les ai même envisagées pour survivre au froid...), en fourrure (ahaha) en cuir, tout ca tout ca quoi
    Et en fait, j'en étais encore restée au manteau en laine que la madame m'a dit que le manteau lambda, il est très bien, suffit de regarder l'étiquette, bah regardez celui-là il est à 80% de laine, donc il est bien chaud.
    Moi, dubitative : "Il est bien chaud avec combien de pulls en dessous?"

    Là, la vendeuse a du comprendre que je n'étais pas de la même planète qu'elle, elle m'a répondu que si j'avais froid je mettais un pull en dessous (quelle drôlesse).
    Pour ne pas la froisser davantage (vendeuse, vêtements, froisser, ahah) j'ai embrayé sur les doudounes, ou j'ai compris l'intérêt de payer plus cher : si la doudoune est garnie (comme une patisserie?) avec des vraies plumes, elle tient très chaud. (notez le "très", mais quelle connasse celle-là! oui je suis frileuse, et alors? renseigne-moi sans commenter, sous-fifre!)
    J'ai noté son total mépris pour les vestes en cuir "qui ne tiennent pas chaud" et pour la fourrure "la fourrure, c'est purement esthétique" (ce à quoi je lui ai dit que "mais la vraie...?" et avant que je n'embraye sur les monsieurs en russie qui se fringuent que avec de la fourrure pour pas clamser dans la neige, elle, de répondre "aah mais de la vraie, oui, ca tient chaud" ben oui grognasse merci bien)

    La-dessus j'ai décidé d'arrêter la notre échange d'informations, sans lui demander son avis alors que j'adore avoir des avis de filles pendant mon shopping alone (et les filles aiment donner leur avis, même quand on les connait pas, elles se sentent flattées d'avoir été "élues" comme jury de shopping).

    Sans mentir, j'ai passé tout le reste de l'après midi à essayer des vêtements et des chaussures des doudounes pour essayer d'en trouver une qui soit sexy regardable.
    Le type de doudoune le plus répandu, c'est la doudoune bibendum que j'avais étant petite, celle qui n'a aucune forme, sauf que le tissu ressemble à un sac poubelle de marque discount.
    Ca, j'avoue, ca fait partie des miracles de la mode : faire porter a toutes ces dindes des sacs poubelles. Elles la prennent toutes noire!!

    Les doudounes de chez Benetton ont eu ma préférence, j'avoue. En particulier une doudoune courte rose fushia vraiment chouette, avec des boudins touts petits pour lui donner un peu forme. Sinon j'ai essayé la-bas le sac poubelle le moins moche de toute ma virée, mais quand même trop moche pour l'acheter, même soldé, me faites pas marrer! J'ai trouvé un autre doudoune sympa, courte, violette, en tissu sac poubelle (qui fait beaucoup moins sac poubelle une fois pas noir) mais sur l'étiquette, on disait 20% plumes et 80% piumina (evidemment la vendeuse sait pas ce que ca veut dire)

    En désespoir de cause, j'ai pris une de chez Naf Naf, qui faisait pas trop bibendum, mais elle a une couleur douteuse... Mais I will survive in the neige!!


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  • Il est un certain type de bain de foule que l'on prend préférentiellement au mois de décembre : le bain de foule de Noël.
    Noël, fête religieuse dans un pays laïque, ou fête commerciale dans le monde du fric. A chacun de choisir sa version.
    Mais même si l'on fait partie des rares exceptions à ne pas fêter Noël, on ne peut échapper aux illuminations et autres décorations offensantes pour les plus démunis d'entre nous.

    Ici nous nous servirons de l'exemple des Galeries Lafayette de Paris, réputées pour leurs vitines, et des parisiens, réputés pour leur impolitesse.
    Pour avoir eu le loisir d'examiner les vitrines sous tous leurs angles en novembre, lors de leur installation et a l'époque bénie des dieux où l'on pouvait encore s'approcher sans périr piétiné sous des milliers de semelles usées par les quais de métro, je peux dire que ces vitrines ont le don d'émerveiller les spectateurs de tous âges.

    Aujourd'hui, au lendemain d'une nouvelle visite aux fameuses vitrines ponctuée par les coups de coudes et les insultes, je me demande quel est cet instinct grégaire surdéveloppé qui nous pousse à nous entasser pour un évènement qui devrait être source de plaisir, pour au final de longues minutes d'agonie silencieuse que pour rien au monde on ne raccourcirait : on reste là, à subir la foule, en tentant d'apercevoir un malheureux lapin en peluche qui fait de la brasse coulée dans une coupe à champagne...

    Les gens essaient de trouver des arguments pour justifier une priorité de passage : ainsi un père de famille, sa progéniture perchée sur ses épaules, nous a fait des remarques désobligeantes avancant le fait que ces vitrines étaient destinées aux plus jeunes, ce a quoi nous avons répondu par l'argument implacable de la hauteur, etant donné qu'il était plus grand que nous et donc son gamin également, donc nous, nous devions nous approcher plus près pour y voir quelquechose...
    D'autres avancaient des arguments plus originaux, comme la prise de photos, l'enfant perdu tout seul contre la vitrine (et il faut aller le chercher!), voire l'argument ultime : "Mais laissez-moi passer, je veux voir!" (argument qui se passe de commentaire)

    Bref, l'être humain entassé perd du terrain dans la course au cultivé et au raffiné. L'élégance et la politesse rendent leur dernier souffle, tout ca pour la tradition, le rite, le passage obligé du dernier moment de douleur avant la nouvelle année, le nouveau départ (quoique la digestion douloureuse du 25 janvier, aussi, soit un moment de douleur intense)

    Au fond, ça sert à quoi de plébisciter les fameux achats de Noël, rythmés par les souffrances de toutes sortes, les coups de vent glacé et le soufflé étouffant du chauffage démesuré des grands magasins, les mots peu aimables des vendeuses fatiguées auxquels on répond de façon encore moins aimable parce qu'on est également fatigué?

    Ca ne sert pas à grand chose, sinon à nous conforter dans notre idée qu'on est normal, que nous aussi, on ne passe pas Noël dans notre petit appartement parisien, mais qu'on a quand même acheté un sapin de Noël (qu'on jettera dans un sac en plastique recyclé, pour se donner bonne conscience), que nous aussi on fait les courses de Noël avant Noël, parce que, comme tout le monde, on est pas futé et on a pas pensé à préparer ses cadeaux en octobre (je suis pleine d'admiration pour les gens qui préparent leurs cadeaux de Noël à l'avance...)

    En gros, ça nous paraît normal et positif (oui, positif parce qu'on profite de nos vacances pour faire cette activité-là...) de souffrir avant Noël. Mais c'est normal! Donc c'est positif.

    D'une logique implacable


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